Guide pratique
Démissionner d'un CDI ne demande aucune procédure, mais plusieurs choses se jouent avant d'envoyer ta lettre : le préavis, les congés non pris, les primes et le chômage. Ce guide t'aide à partir au bon moment, sans laisser d'argent sur la table.
Tu as trouvé un autre poste, tu veux changer de voie ou simplement partir : la démission est la façon de quitter un CDI à ton initiative. Elle ne demande ni l'accord de l'employeur ni procédure, mais elle a des conséquences sur ce que tu touches et sur le chômage. Ce guide passe en revue ce qu'il faut régler avant d'envoyer ta lettre, pendant le préavis et le jour du départ.
La loi n'impose aucune forme : une démission peut même être orale. Elle doit en revanche exprimer une volonté claire et non équivoque de quitter l'entreprise (service-public.gouv.fr), et c'est l'écrit qui le prouve. Envoie une lettre recommandée avec accusé de réception, ou remets-la en main propre contre une décharge datée : cette date fixe le début du préavis. Une démission ambiguë, ou donnée sous le coup de la colère, peut être requalifiée par le juge.
L'employeur ne peut pas refuser ta démission, et tu n'as pas à la motiver. Une fois donnée, tu ne peux plus la retirer, sauf s'il accepte. Tu peux démissionner à tout moment, y compris pendant un arrêt maladie. Dans la lettre, écris simplement que tu démissionnes de ton poste, la date, et, si tu le souhaites, une demande de dispense de tout ou partie du préavis.
La loi ne fixe pas la durée du préavis de démission : elle vient de ta convention collective ou d'un accord d'entreprise, à défaut de ton contrat, sinon des usages. Il court à partir du jour où l'employeur reçoit ta lettre (première présentation du recommandé ou remise en main propre), et tu travailles et es payé normalement jusqu'au bout. Pour partir plus tôt, demande une dispense par écrit : si l'employeur l'accepte, les jours non travaillés ne sont pas payés ; s'il te dispense de lui-même, il te les paie quand même. Si tu pars avant la fin sans son accord, il ne te doit rien pour les jours restants et peut te réclamer devant le conseil de prud'hommes une indemnité pour le préavis non effectué. Le guide du préavis détaille les durées usuelles, la dispense et ce qui se passe pendant le préavis.
Une démission ne donne droit à aucune indemnité de rupture : ni indemnité de licenciement, ni prime de précarité. Ton solde de tout compte contient :
Exemple calculé par le code du site : tu gagnes 2 600 € brut par mois sur toute la période de référence, qui t'a donc rapporté 31 200 € brut, et il te reste 12 jours ouvrés de congés au départ. La méthode du dixième (10 % de la rémunération de la période, au prorata des jours restants) donne 1 498 € ; le maintien de salaire donne 1 440 €. L'employeur doit le plus favorable, ici le dixième, soit 1 498 € brut, versés avec ton dernier salaire et soumis aux mêmes cotisations et à l'impôt.
Pour tes propres chiffres, l'outil des congés payés fait le calcul ; le guide des congés payés explique les deux méthodes et le décompte des jours. Un point de calendrier, enfin : une prime annuelle versée à date fixe peut être réservée aux salariés présents ce jour-là. Lis ses conditions avant de fixer ta date de départ : quelques jours de plus peuvent valoir plus que leur salaire.
Même après une démission, l'employeur doit te remettre le certificat de travail, le reçu pour solde de tout compte et l'attestation destinée à France Travail, dont tu auras besoin pour toute demande d'allocation plus tard. Vérifie le solde ligne par ligne avant de signer le reçu : le guide du solde de tout compte explique comment et dans quel délai contester une somme.
En principe, une démission ne donne pas droit à l'allocation chômage (ARE), réservée à la perte involontaire d'emploi (service-public.gouv.fr). Quelques exceptions existent :
Hors cas légitime, la démission ne te permet pas non plus de garder ta mutuelle d'entreprise après la fin du contrat. Si tu comptes sur l'allocation, propose d'abord une rupture conventionnelle : elle ouvre droit au chômage et à une indemnité, mais suppose l'accord de l'employeur, et depuis le 1er septembre 2026, l'allocation y est versée moins longtemps qu'après un licenciement. Le guide chômage et salaire explique comment l'allocation se calcule.
Pas de toi-même : une démission claire est définitive, sauf si l'employeur accepte que tu reviennes sur ta décision. Mets-la par écrit une fois ta décision prise, pas avant. Si elle a été donnée sous le coup de la colère ou sous la pression, et que ta volonté n'était donc pas claire, le conseil de prud'hommes peut la requalifier.
Non. La démission est ta décision : elle n'a besoin ni de son accord ni d'un motif. Ce qui se discute avec lui, c'est le préavis : sa durée est fixée par ta convention collective, et une dispense, totale ou partielle, suppose son accord si c'est toi qui la demandes.
Oui, sauf accord de l'employeur. Demande une dispense par écrit en indiquant la date à laquelle tu veux partir, et fais confirmer son accord par écrit. S'il accepte, les jours non travaillés ne sont pas payés ; si c'est lui qui te dispense de sa propre initiative, il te doit une indemnité compensatrice de préavis. Annonce la date de fin de préavis à ton futur employeur dès la promesse d'embauche.
Non, sauf si ton contrat ou ta convention collective en prévoit une. Tu touches ton salaire jusqu'au dernier jour, tes congés payés non pris et les primes dues selon leurs règles. C'est la principale différence avec une rupture conventionnelle, qui garantit au moins l'indemnité légale de licenciement, sans condition d'ancienneté.
Ce guide donne une méthode, pas un conseil juridique : les règles et les montants officiels sont ceux des sources ci-dessus, à leur date.
Les outils et les fonctions du site qui vont avec ce guide : les chiffres y sont calculés par le code, jamais par l'IA.