Guide pratique
À la fin d'un CDD, la loi ajoute au dernier salaire une indemnité qui compense la précarité du contrat, et les congés payés se calculent dessus. Ce guide dit sur quelle base elle se calcule, quand elle n'est pas due, ce qui change en intérim et comment vérifier ton dernier bulletin.
La prime de précarité, que le Code du travail appelle indemnité de fin de contrat, est la somme versée à la fin d'un CDD qui ne débouche pas sur un CDI. Ce guide est pour toi si ton CDD se termine ou si tu vérifies ton dernier bulletin : il explique sur quoi elle se calcule, quand elle n'est pas due et comment prime et congés payés s'enchaînent. Pour ton montant, brut et net, l'outil de la prime de précarité fait le calcul.
Quand un CDD arrive à son terme sans être suivi d'un CDI chez le même employeur, tu as droit, en complément de salaire, à une indemnité destinée à compenser la précarité de ta situation. Elle vaut au moins 10 % de la rémunération brute totale versée pendant le contrat (service-public.gouv.fr ; article L1243-8 du Code du travail). Une convention ou un accord collectif peut la ramener à 6 %, à condition de te proposer en échange des contreparties, comme un accès privilégié à la formation professionnelle.
Elle s'ajoute au dernier salaire, sur le même bulletin de paie, et elle est soumise aux cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu comme un salaire.
L'assiette, c'est la rémunération totale brute versée pendant tout le contrat, renouvellements compris : pas seulement le salaire de base, mais tout ce qui a le caractère de salaire sur tes bulletins, heures supplémentaires et primes comprises. Si ton CDD a été renouvelé, la prime n'est pas versée à la fin de la première période : elle se calcule à la fin du dernier renouvellement, sur l'ensemble.
Exemple calculé par le code du site : un CDD de 5 mois renouvelé 3 mois, à 2 200 € brut par mois, sans congé pris pendant le contrat. La prime et les congés se calculent sur les 8 mois.
| Ligne | Taux légal (10 %) | Taux réduit par accord (6 %) |
|---|---|---|
| Rémunération brute totale du contrat | 17 600 € | 17 600 € |
| Prime de précarité | 1 760 € | 1 056 € |
| Base des congés payés (rémunération + prime) | 19 360 € | 18 656 € |
| Indemnité compensatrice de congés payés (méthode la plus favorable) | 1 936 € | 1 866 € |
| Total ajouté au dernier salaire, brut | 3 696 € | 2 922 € |
À la fin d'un CDD, les congés acquis et non pris sont payés sous forme d'indemnité compensatrice. Pour un CDD, elle vaut au moins 10 % de la rémunération brute totale du contrat, prime de précarité comprise (service-public.gouv.fr) : c'est pourquoi, dans l'exemple, la ligne des congés (1 936 €) dépasse 10 % du seul salaire. Cette indemnité reste due même quand la prime ne l'est pas. Le guide des congés payés détaille l'acquisition des jours et le maintien de salaire, l'autre méthode de calcul.
La prime disparaît dans les cas suivants (service-public.gouv.fr ; article L1243-10 du Code du travail) :
À l'inverse, si l'employeur rompt ton CDD avant son terme en dehors des cas autorisés (faute grave, force majeure, inaptitude constatée par le médecin du travail), il te doit des dommages et intérêts au moins égaux aux salaires que tu aurais touchés jusqu'à la fin, et la prime en plus (article L1243-4). Si on te propose un CDI à l'issue, compare les deux situations : prime en moins, stabilité en plus ; le guide CDD ou CDI aide à peser le reste.
L'intérimaire touche une indemnité de fin de mission sur le même principe : au moins 10 % de la rémunération totale brute de la mission, renouvellement inclus (service-public.gouv.fr). Différence pratique : l'entreprise de travail temporaire la verse à la fin de chaque mission, avec le dernier salaire de cette mission. Elle n'est pas due si tu signes un CDI avec l'entreprise utilisatrice juste après la mission, si tu romps la mission de toi-même, en cas de faute grave ou de force majeure, pour une mission assortie d'un complément de formation professionnelle, ni pour une mission saisonnière, sauf accord plus favorable (article L1251-33). L'indemnité de congés payés de l'intérimaire vaut au moins 10 % de la rémunération totale brute, indemnité de fin de mission comprise.
L'outil de la prime de précarité fait ces calculs et estime le net ; le guide du solde de tout compte passe en revue les autres lignes du dernier bulletin. Et si tu cherches la suite, l'analyse de CV te dit ce que vaut ton profil sur le marché, en CDD comme en CDI.
À la fin du dernier renouvellement, sur la rémunération brute de toute la durée du contrat, renouvellements compris. Il n'y a pas de prime intermédiaire à la fin de la première période. Si un CDI suit le dernier renouvellement chez le même employeur, il n'y a pas de prime du tout.
Non. Une embauche en CDI te permet de rompre ton CDD avant son terme, en respectant un préavis, mais la rupture étant à ton initiative, la prime n'est pas due. L'indemnité compensatrice de congés payés reste due pour les jours acquis et non pris.
Seulement si le CDI porte sur le même emploi ou un emploi similaire, avec une rémunération au moins équivalente. Un poste différent ou moins payé peut être refusé sans perdre la prime. Réponds par écrit et garde la trace de la proposition : sans réponse de ta part, elle est considérée comme refusée. Un refus peut aussi compter pour tes droits au chômage : renseigne-toi auprès de France Travail.
Oui. C'est un complément de salaire : elle supporte les cotisations sociales, la CSG et la CRDS, et l'impôt sur le revenu, prélevé à la source avec ton dernier salaire. L'outil de la prime de précarité estime ce qu'il en reste en net.
Ce guide donne une méthode, pas un conseil juridique : les règles et les montants officiels sont ceux des sources ci-dessus, à leur date.
Les outils et les fonctions du site qui vont avec ce guide : les chiffres y sont calculés par le code, jamais par l'IA.