Guide pratique
Même poste, même salaire, mais pas les mêmes règles de durée, de rupture ni de fin de contrat. Ce guide compare les deux contrats point par point, chiffre ce qu'un CDD rapporte en plus à la fin et explique comment passer de l'un à l'autre.
Le CDI est la forme normale du contrat de travail ; le CDD est une exception, réservée à une tâche précise et temporaire : remplacer un salarié absent, faire face à un surcroît d'activité, un emploi saisonnier. Il ne peut pas servir à pourvoir durablement un poste lié à l'activité normale de l'entreprise. Entre les deux, le salaire peut être le même, mais la durée, la façon d'en sortir et ce que l'on touche à la fin changent beaucoup. Ce guide les compare et chiffre l'écart sur un exemple calculé par le site.
| Point | CDD | CDI |
|---|---|---|
| Durée | Une date de fin ou un objet précis ; 18 mois au plus dans le cas général, renouvellements compris | Sans terme |
| Renouvellement | 2 fois au plus, sauf accord de branche, si le contrat ou un avenant signé avant le terme le prévoit | Sans objet |
| Forme | Écrit obligatoire, motif indiqué, remis au plus tard 2 jours ouvrables après l'embauche | Écrit obligatoire à temps partiel ; à temps plein, un écrit n'est pas exigé mais les informations essentielles doivent t'être remises |
| Sortie avant la fin | Seulement dans des cas limités (accord, faute grave, force majeure, inaptitude, embauche en CDI) | Démission, licenciement, rupture conventionnelle |
| À la fin | Prime de précarité de 10 % du brut total, plus les congés non pris | Indemnité de licenciement ou de rupture conventionnelle selon le cas, congés non pris |
| Chômage | Oui à l'échéance, si les conditions de durée de travail sont remplies | Oui après un licenciement ou une rupture conventionnelle ; en principe non après une démission |
La loi interdit de payer moins un salarié en CDD : sa rémunération ne peut pas être inférieure à celle d'un salarié en CDI de qualification équivalente, sur le même poste, dans l'entreprise. Primes, treizième mois et avantages liés au poste suivent. La différence se joue à la fin : le CDD donne droit à une indemnité de fin de contrat, la prime de précarité, qui compense justement l'absence de stabilité, et les congés non pris sont payés en une fois.
Exemple : 3 000 € brut par mois pendant 12 mois, sans congé pris, en CDD ou en CDI. Le net de chaque mois est le même, 2 353 €, soit 28 234 € sur la période. Voici ce que le CDD verse en plus à son terme, calculé par le moteur du site.
| À la fin du contrat | Brut | Net estimé |
|---|---|---|
| Prime de précarité (10 %) | 3 600 € | 2 850 € |
| Congés payés (25 jours ouvrés) | 3 960 € | 3 135 € |
| Total en fin de CDD | 7 560 € | 5 984 € |
Calcul : prime et congés par les règles du site (congés sur le brut prime comprise, ou maintien de salaire si plus favorable), net estimé par le moteur publicodes de modele-social, avant impôt. Attention à la lecture : les congés payés ne sont pas un bonus, ils remplacent les vacances que tu n'as pas prises ; en CDI, tu les aurais pris en restant payé. Le vrai supplément du CDD, c'est la prime. L'outil prime de précarité refait le calcul pour ton salaire et ta durée.
La prime peut tomber à 6 % si une convention ou un accord collectif le prévoit, avec des contreparties de formation, et elle n'est pas due dans plusieurs cas : CDI à la suite, faute grave, contrats saisonniers ou d'usage, emplois de vacances d'un jeune. Le guide sur la prime de précarité détaille son assiette et ses exclusions.
En CDI, chacun peut mettre fin au contrat en respectant une procédure : démission avec préavis, licenciement motivé, ou rupture conventionnelle d'un commun accord. Le CDD, lui, est fait pour aller à son terme. Après la période d'essai, pendant laquelle chacun peut rompre sans motif, il ne se rompt avant la date prévue que par accord des deux parties, pour faute grave, force majeure, inaptitude constatée par le médecin du travail, ou parce que tu es embauché en CDI ailleurs.
Dans ce dernier cas, tu dois un préavis calculé à raison de 1 jour ouvré par semaine de contrat, dans la limite de 2 semaines, sauf si l'employeur te laisse partir plus tôt. Si c'est l'employeur qui rompt sans motif admis, il te doit au moins les salaires jusqu'au terme prévu. Les durées de préavis d'un CDI sont dans le guide sur le préavis.
Le contrat de mission d'un intérimaire suit une logique proche du CDD, avec l'agence d'intérim pour employeur : salaire au moins équivalent à celui d'un salarié de l'entreprise utilisatrice au même poste, indemnité de fin de mission sur le même principe et au même taux minimal que la prime de précarité, et indemnité de congés payés à chaque mission, quelle que soit sa durée. Les agences proposent aussi des CDI intérimaires, un statut différent qui garantit une rémunération entre deux missions.
Banques et bailleurs regardent souvent le type de contrat avant d'accorder un prêt ou un logement : ce n'est pas une règle de droit, et chacun fixe ses propres critères. Un CDD bien payé peut pourtant valoir mieux qu'un CDI au rabais : ce qui compte, c'est le salaire, le poste et ce qu'il t'apporte pour la suite. Dans les deux cas, le salaire se négocie de la même façon (négocier à l'embauche), et le contrat se relit avant de signer : motif, terme, clause de renouvellement, période d'essai. Le guide contrat de travail : les clauses à vérifier donne la liste complète.
Non, pas à poste égal : la rémunération d'un salarié en CDD ne peut pas être inférieure à celle d'un salarié en CDI de qualification équivalente occupant les mêmes fonctions dans l'entreprise. Les primes et avantages liés au poste suivent la même règle. Rien n'empêche en revanche de négocier plus, surtout pour une mission courte et urgente.
Oui, si tu l'acceptes et que le CDI suit immédiatement : la prime n'est due que si la relation de travail s'arrête. Sur l'exemple du guide, elle représente 3 600 € brut. L'indemnité de congés payés reste due pour les jours non pris. Si tu refuses un CDI pour un emploi identique ou similaire, à rémunération au moins équivalente, tu perds aussi la prime, et 2 refus en 12 mois peuvent te priver de l'allocation chômage.
Pas au sens d'un CDI : après la période d'essai, un CDD ne se rompt avant son terme que dans des cas limités, dont l'embauche en CDI ailleurs ou l'accord de l'employeur. Partir sans motif admis expose à devoir des dommages et intérêts à l'employeur. Le guide sur le préavis détaille le préavis dû quand tu pars pour un CDI.
Tu la gardes quand le travail se poursuit sans interruption : si le contrat continue après son terme, il devient un CDI avec l'ancienneté acquise. Et en cas d'embauche en CDI à l'issue du CDD, la durée du CDD se déduit de la période d'essai du nouveau contrat.
Ce guide donne une méthode, pas un conseil juridique : les règles et les montants officiels sont ceux des sources ci-dessus, à leur date.
Les outils et les fonctions du site qui vont avec ce guide : les chiffres y sont calculés par le code, jamais par l'IA.