Guide pratique
L'allocation chômage part de ton ancien salaire brut, mais pas de tout ce qui figure sur tes fiches de paie. Ce guide explique, sans barème qui serait vite périmé, qui y a droit, sur quelle base elle se calcule, combien de temps elle dure et ce qui retarde le premier versement.
L'allocation d'aide au retour à l'emploi, l'ARE, remplace une partie de ton salaire quand tu perds ton emploi sans l'avoir voulu. Son montant ne se devine pas à partir du dernier bulletin de paie : il dépend des salaires bruts de plusieurs mois, de ce qui est exclu de ces salaires, de la durée travaillée et des sommes touchées en partant. Ce guide explique la mécanique sans écrire de taux ni de montant : les barèmes changent souvent, et seul le calcul de France Travail, à ton inscription, fait foi. Pour les chiffres du moment avec leurs sources, pose la question à Négo.
Tout part du salaire de référence : le total des rémunérations brutes perçues pendant la période de référence. France Travail le divise par le nombre de jours calendaires entre le début du premier contrat et la fin du dernier, en limitant la part des jours non travaillés entre deux contrats : on obtient le salaire journalier de référence, le SJR. Des périodes de maladie, de maternité ou d'activité partielle peuvent être reconstituées au salaire habituel, pour ne pas faire baisser la moyenne. Les rémunérations retenues sont plafonnées.
Ce qui n'y entre pas compte autant : les indemnités de licenciement ou de rupture conventionnelle, l'indemnité compensatrice de congés payés, la prime de précarité, l'indemnité de préavis ou de non-concurrence, les remboursements de frais et les indemnités journalières de la Sécurité sociale. Autrement dit, ton solde de tout compte ne gonfle pas ton allocation. Ce qui y entre, ce sont les salaires bruts, les primes et les avantages en nature liés aux contrats de la période.
L'allocation journalière se calcule à partir du SJR par deux formules, l'une proportionnelle, l'autre combinant une part proportionnelle et une part fixe ; France Travail retient la plus favorable, avec un montant minimal et un plafond fixé en part du SJR. Pour les bas salaires, c'est souvent la formule avec part fixe qui l'emporte ; plus le salaire est élevé, plus l'allocation représente une part faible de l'ancien brut. Des retenues sont ensuite opérées (retraite complémentaire, CSG et CRDS), avec des réductions pour les plus petites allocations. Pour les salaires élevés, l'allocation baisse au bout de quelques mois, sauf à partir d'un certain âge. Elle est versée chaque mois, sur une base fixe de jours.
La durée d'indemnisation suit la durée travaillée pendant la période de référence : plus tu as travaillé, plus tu es indemnisé longtemps, entre un minimum et un maximum qui dépend de l'âge. Un coefficient réduit cette durée tant que le marché du travail est jugé favorable. Pour un contrat rompu depuis le 1er septembre 2026, la durée maximale après une rupture conventionnelle individuelle est plus courte qu'après un licenciement, sauf à Mayotte : à prendre en compte avant d'en signer une, avec le guide sur la rupture conventionnelle. Les jours non indemnisés ne sont pas perdus quand tu retravailles : ils restent en réserve, et de nouveaux droits peuvent se recharger après une nouvelle période d'emploi.
Ces délais s'additionnent et ne réduisent pas tes droits : ils les décalent. Négocier une indemnité au-dessus du minimum reste en général gagnant, mais il faut prévoir de quoi vivre pendant le différé.
Retravailler pendant que tu es indemnisé ne fait pas tout perdre : l'allocation du mois est réduite en fonction du salaire repris, et le total de ton salaire et de ton allocation ne peut pas dépasser ton ancien salaire de référence. Il suffit de déclarer chaque mois tes heures et ton salaire brut à France Travail. Les jours d'allocation non versés restent disponibles pour plus tard. Avant d'accepter une mission courte ou un temps partiel, une simulation sur ton espace France Travail montre ce que tu toucheras au total.
Une démission n'ouvre pas droit au chômage, sauf si elle est considérée comme légitime (déménagement pour suivre son conjoint, salaires impayés, violences au travail, entre autres) ou si elle sert un projet de reconversion professionnelle reconnu « réel et sérieux » par l'association Transitions Pro de ta région avant ton départ, avec une condition d'activité antérieure. Sans cela, un réexamen est possible après une période de chômage. Le guide démission et salaire détaille ces cas.
À la fin d'un CDD ou d'une mission, refuser un CDI pour un poste équivalent a aussi un effet : 2 refus en 12 mois empêchent d'ouvrir des droits, sauf emploi en CDI pendant cette période. Le guide CDD ou CDI précise ce qu'est une proposition équivalente.
Pour un montant, une seule source fait foi : la notification de France Travail après ton inscription, précédée si tu veux d'une simulation sur son site. Pour comprendre une règle ou une notification, Négo cherche les barèmes en vigueur et cite ses sources. Et pour préparer la suite, l'analyse de CV estime ce que vaut ton profil sur le marché.
Sur le brut : France Travail additionne les salaires bruts de la période de référence, tels que les déclare l'employeur. Comme les retenues sur l'allocation sont plus légères que les cotisations sur un salaire, l'allocation nette représente une part plus élevée de ton ancien net que l'allocation brute de ton ancien brut.
Non, elle n'entre pas dans le salaire de référence, donc elle ne change pas le montant de l'allocation. En revanche, la part qui dépasse le minimum légal repousse le premier versement, par un différé plafonné. L'indemnité légale elle-même ne retarde rien.
Oui : l'indemnité compensatrice de congés payés reçue en fin de contrat crée un différé, calculé en divisant son montant par ton salaire journalier de référence. Concrètement, les jours de congés payés en partant sont des jours pendant lesquels l'allocation ne court pas encore.
En principe non, sauf démission considérée comme légitime (suivre son conjoint, salaires impayés reconnus par le conseil de prud'hommes, violences au travail avec plainte, et quelques autres cas) ou démission pour un projet de reconversion validé avant le départ. Sans cela, une demande de réexamen reste possible après une période de chômage, ou il faut retravailler quelque temps pour ouvrir de nouveaux droits.
Ce guide donne une méthode, pas un conseil juridique : les règles et les montants officiels sont ceux des sources ci-dessus, à leur date.
Les outils et les fonctions du site qui vont avec ce guide : les chiffres y sont calculés par le code, jamais par l'IA.