Guide pratique
Un taux journalier paraît toujours énorme à côté d'un salaire. Pour comparer, il faut mettre de chaque côté ce que tu paies, ce que tu touches et ce qui te protège, avec des exemples calculés par le site.
Un taux journalier multiplié par les jours ouvrés d'un mois donne un chiffre qui fait rêver. Mais un chiffre d'affaires n'est pas un salaire, et un salaire n'est pas seulement le net qui arrive sur ton compte. Ce guide met les deux statuts côte à côte, ce que chacun paie, touche et finance en protection, avec un exemple calculé par le moteur du site, pour que tu décides en connaissance de cause.
Prenons un salarié non cadre payé 3 000 € brut par mois. Il touche 2 353 € net avant impôt, mais son employeur dépense 4 007 € par mois, soit 48 086 € par an. Entre les deux, les cotisations salariales et patronales financent des droits que le salarié ne voit pas sur son virement :
En micro-entreprise, les cotisations sont un pourcentage du chiffre d'affaires encaissé, payé chaque mois ou chaque trimestre à l'Urssaf : en activité libérale, 25,8 % dans notre exemple, formation professionnelle comprise ; le taux n'est pas le même pour une activité commerciale ou artisanale, où il dépend aussi de ce que tu factures (prestations de services ou vente de marchandises). Elles ouvrent une retraite et une couverture maladie, mais pas d'assurance chômage. Le reste, le freelance le finance ou s'en passe :
Côté chômage, l'indépendant n'a droit qu'à l'allocation des travailleurs indépendants, faible, courte et réservée à des cessations d'activité précises : rien de comparable à l'allocation d'un salarié. Le détail des cotisations, de l'impôt et des plafonds est dans le guide du chiffre d'affaires au revenu net.
Quel taux journalier faut-il facturer, en micro-entreprise libérale, pour retrouver les 2 353 € net par mois du salarié ? Le moteur du site cherche le chiffre d'affaires qui donne exactement ce net, frais retirés, pour trois années types. La première reprend 218 jours facturés : une année complète de salarié au forfait jours, week-ends, congés et jours fériés retirés, sans un jour de creux.
| Jours facturés par an | Frais annuels | Chiffre d'affaires nécessaire | Cotisations par an | TJM plancher |
|---|---|---|---|---|
| 218 | 0 € | 38 055 € | 9 820 € | 175 € |
| 200 | 3 000 € | 42 096 € | 10 860 € | 210 € |
| 160 | 5 000 € | 44 796 € | 11 562 € | 280 € |
Calcul : moteur publicodes de modele-social, salarié non cadre en CDI avec la mutuelle standard du site, micro-entreprise libérale non réglementée sans Acre ni versement libératoire. Net comparé avant impôt.
Deux enseignements. D'abord, le plancher grimpe vite : passer de 218 à 160 jours facturés et payer ses frais fait passer le TJM nécessaire de 175 € à 280 €, pour un net identique. Ensuite, même dans le meilleur scénario, le client paie 38 055 € par an là où l'employeur dépense 48 086 € pour le salarié : l'écart de 10 031 €, ce sont des cotisations que la micro-entreprise ne paie pas, et donc des droits qu'elle n'ouvre pas : aucune assurance chômage, et une retraite calculée sur un revenu plus bas que le brut du salarié. Un TJM au plancher, c'est un salaire sans filet.
Pour refaire le calcul avec ton TJM, tes jours et tes frais, l'outil TJM freelance et salaire équivalent fait les deux sens, et le simulateur auto-entrepreneur ajoute l'impôt selon ton foyer.
| Statut | Cotisations calculées sur | Protection sociale | Chômage |
|---|---|---|---|
| Micro-entreprise | Le chiffre d'affaires encaissé | Indépendants (Urssaf) | Non, sauf allocation des indépendants |
| Entreprise individuelle au réel | Le bénéfice (frais déduits) | Indépendants | Non, sauf allocation des indépendants |
| EURL (gérant associé unique) | La rémunération du gérant, ou le bénéfice si l'EURL reste à l'impôt sur le revenu | Travailleur non salarié, régime des indépendants | Non, sauf allocation des indépendants |
| SASU (président) | La rémunération versée, s'il y en a une | Régime général, comme un salarié | Non (assurance privée possible) |
| Portage salarial | Un salaire, après frais de gestion | Salarié de la société de portage | Oui |
La micro-entreprise est la plus simple et la moins chère en cotisations, tant que tes frais restent faibles. Dès qu'ils pèsent, le régime réel, l'EURL ou la SASU, qui cotisent sur un bénéfice ou une rémunération, peuvent mieux convenir, au prix d'une comptabilité complète. Le portage salarial garde le statut de salarié et l'assurance chômage, mais coûte des frais de gestion et ne paie pas les périodes sans mission. Un expert-comptable chiffre ces options mieux qu'une règle générale.
Et si tu restes salarié, utilise ce calcul dans l'autre sens : le coût de ton poste pour l'employeur est un argument de négociation, que le guide négocier son salaire à l'embauche t'aide à poser.
Pour retrouver le net d'un salarié non cadre payé 3 000 € brut par mois, soit 2 353 € net, il faut au minimum 175 € par jour en micro-entreprise libérale si tu factures 218 jours par an sans aucun frais. Avec 160 jours facturés et 5 000 € de frais par an, le plancher monte à 280 €. Ce n'est qu'un plancher : il ne paie ni le chômage, ni une retraite équivalente.
Pas à l'assurance chômage des salariés. Un travailleur indépendant peut toucher l'allocation des travailleurs indépendants seulement dans des cas précis : liquidation judiciaire, redressement avec remplacement du dirigeant, ou cessation définitive d'une activité jugée non viable par un tiers de confiance, avec des conditions de ressources, de durée d'activité et de revenus antérieurs. Son montant, calculé sur les revenus passés, reste compris entre un plancher et un plafond bas, et elle n'est versée que quelques mois, sans renouvellement. Le président de SASU, assimilé salarié, n'a pas d'assurance chômage non plus, sauf contrat privé. Le salarié porté, lui, est couvert comme un salarié.
C'est un compromis. Tu trouves tes clients et négocies ton prix comme un indépendant, mais tu es salarié de la société de portage : bulletin de paie, assurance chômage, retraite des salariés. En échange, elle prélève des frais de gestion, les cotisations sont celles d'un salaire, donc plus lourdes qu'en micro-entreprise, et les périodes sans mission ne sont pas payées.
Oui, et tes missions comptent comme de l'expérience. Demande un salaire calculé sur le marché de ton métier, pas sur ton ancien chiffre d'affaires : un recruteur compare des bruts annuels, pas des TJM. Le guide du CV de freelance montre comment présenter tes missions pour ce retour.
Ce guide donne une méthode, pas un conseil juridique : les règles et les montants officiels sont ceux des sources ci-dessus, à leur date.
Les outils et les fonctions du site qui vont avec ce guide : les chiffres y sont calculés par le code, jamais par l'IA.