Guide pratique
Le chiffre d'affaires d'un auto-entrepreneur n'est pas son revenu. Cotisations selon l'activité, abattement ou versement libératoire, Acre, plafonds : le chemin complet jusqu'à ce qui reste, calculé par le site.
Ton client te paie une facture ; ce n'est pas ton salaire. Entre le chiffre d'affaires encaissé et ce qui te reste pour vivre, il y a trois étages : les cotisations, l'impôt sur le revenu, et tes frais. Ce guide les descend un par un, avec les règles de la micro-entreprise et des montants calculés par le moteur du site, celui du simulateur de l'Urssaf.
En micro-entreprise, les cotisations sociales sont un pourcentage fixe du chiffre d'affaires encaissé, déclaré chaque mois ou chaque trimestre à l'Urssaf. Elles financent la maladie, la retraite, l'invalidité-décès, les allocations familiales, la CSG-CRDS et la formation professionnelle. Le taux change avec la nature de l'activité. Pour 40 000 € de chiffre d'affaires annuel, barèmes 2026 :
| Activité | Taux global | Cotisations par an | Net avant impôt par mois |
|---|---|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | 12,4 % | 4 972 € | 2 919 € |
| Prestations de services commerciales (BIC) | 21,3 % | 8 536 € | 2 622 € |
| Prestations de services artisanales (BIC) | 22,0 % | 8 796 € | 2 600 € |
| Activité libérale non réglementée (BNC) | 25,8 % | 10 316 € | 2 474 € |
Calcul : moteur publicodes de modele-social, entrepreneur individuel au régime micro-social, sans Acre, hors outre-mer. Taux global : cotisations sociales, contribution à la formation professionnelle et, pour les commerçants et artisans, taxe pour frais de chambre consulaire. Les professions libérales réglementées (caisse de retraite propre) ont un autre taux.
La vente de marchandises cotise le moins parce que le chiffre d'affaires contient le prix des achats ; les prestations intellectuelles cotisent le plus parce que presque tout le chiffre d'affaires est de la marge. Un mois sans recette ne coûte rien : pas de chiffre d'affaires, pas de cotisation.
La micro-entreprise ne déduit pas tes frais réels. À la place, l'administration retire un abattement forfaitaire de ton chiffre d'affaires avant d'appliquer le barème de l'impôt avec le reste des revenus de ton foyer. L'abattement suit lui aussi la nature de l'activité :
| Activité | Abattement forfaitaire | Versement libératoire (part du chiffre d'affaires) |
|---|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | 71 % | 1,0 % |
| Prestations de services commerciales (BIC) | 50 % | 1,7 % |
| Prestations de services artisanales (BIC) | 50 % | 1,7 % |
| Activité libérale non réglementée (BNC) | 34 % | 2,2 % |
Le versement libératoire remplace cet impôt par un pourcentage du chiffre d'affaires, payé avec les cotisations. Il est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année reste sous un plafond de 29 579 € par part, la limite de la deuxième tranche du barème, et il se choisit avant la fin septembre pour l'année suivante ou, l'année de la création, jusqu'à la fin du troisième mois qui suit. Sur notre exemple libéral, pour une personne seule : 1 468 € d'impôt par an au barème, 880 € en versement libératoire. Plus ton foyer a de parts ou de charges, plus le barème devient avantageux.
L'Acre réduit les cotisations au démarrage si tu es dans l'une des situations prévues : demandeur d'emploi indemnisé ou inscrit depuis plusieurs mois, bénéficiaire du RSA ou de l'ASS, certains jeunes, entre autres, à condition de ne pas en avoir déjà bénéficié ces dernières années. Elle n'est pas automatique : la demande se fait à l'Urssaf dans les 60 jours qui suivent le début d'activité. Pour une activité commencée depuis le 1er juillet 2026, tu paies 75 % des cotisations normales jusqu'à la fin du troisième trimestre civil qui suit le début d'activité. Sur notre exemple, le taux global passe de 25,8 % à 19,4 % du chiffre d'affaires : rapporté à une année entière, 7 760 € de cotisations au lieu de 10 316 €, une économie à recompter sur la seule période couverte.
Le régime ne vaut que sous un plafond de chiffre d'affaires annuel : 203 100 € pour la vente de marchandises, la restauration et l'hébergement, 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales. Un dépassement isolé ne change rien ; deux années de suite au-dessus, et tu passes au régime réel l'année d'après. La TVA suit ses propres seuils de franchise, plus bas : au-delà, tu factures la TVA, ce qui ne change rien pour un client professionnel qui la récupère mais renchérit tes prix pour un particulier.
Le chemin complet pour 40 000 € de chiffre d'affaires en activité libérale, personne seule sans autre revenu, avec 3 000 € de frais par an (ordinateur, logiciels, assurance) :
| Étape | Par an | Par mois |
|---|---|---|
| Chiffre d'affaires encaissé | 40 000 € | 3 333 € |
| Cotisations et contributions | − 10 316 € | − 860 € |
| Net avant impôt | 29 684 € | 2 474 € |
| Revenu imposable après abattement | 26 400 € | 2 200 € |
| Impôt sur le revenu (barème) | − 1 468 € | − 122 € |
| Frais professionnels | − 3 000 € | − 250 € |
| Ce qui reste pour vivre | 25 216 € | 2 101 € |
Sur 40 000 € encaissés, il reste donc 63 % pour vivre, et rien n'a encore été mis de côté pour les vacances, une période sans client ou une épargne retraite. Pour savoir à quel salaire ce revenu correspond et quel taux journalier viser, le guide freelance ou salarié fait la comparaison complète, et l'outil TJM freelance et salaire équivalent la refait avec tes chiffres.
Ton propre calcul, avec ton activité, l'Acre, le versement libératoire et ton foyer, se fait dans le simulateur auto-entrepreneur. Et si tu hésites encore avec un poste salarié, regarde ce que vaut ton profil sur le marché avec Combien je vaux ?.
En activité libérale non réglementée, 10 316 € de cotisations par an, puis 29 684 € net avant impôt, soit 2 474 € par mois. Après l'impôt au barème d'une personne seule sans autre revenu, 2 351 € par mois. Tes frais professionnels sont encore à retirer : la micro-entreprise ne les déduit pas.
Non. Les cotisations sont un pourcentage du chiffre d'affaires réellement encaissé : un mois ou un trimestre sans recette, tu déclares zéro et tu ne paies rien. La contrepartie : tes droits à la retraite et aux indemnités maladie se calculent sur ce que tu déclares, donc une année faible en ouvre peu. Tu peux demander à payer des cotisations minimales pour garder une couverture, mais tu quittes alors le calcul au pourcentage du chiffre d'affaires pour celui des indépendants classiques.
Ça dépend de ton revenu et de ton foyer. Sur 40 000 € de chiffre d'affaires libéral, pour une personne seule, l'impôt au barème vaut 1 468 € par an et le versement libératoire 880 €. Sur 15 000 €, le barème donne 0 € et le versement libératoire 330 € : un petit revenu qui ne serait pas imposé au barème paie quand même le versement libératoire. Simule les deux avec ta situation avant de choisir.
Un seul dépassement ne te fait pas sortir du régime. Si tu dépasses le plafond deux années civiles de suite, tu bascules au début de l'année suivante vers le régime réel : fin du micro-social et du micro-fiscal, cotisations et impôt calculés sur ton bénéfice, et une comptabilité complète à tenir.
Ce guide donne une méthode, pas un conseil juridique : les règles et les montants officiels sont ceux des sources ci-dessus, à leur date.
Les outils et les fonctions du site qui vont avec ce guide : les chiffres y sont calculés par le code, jamais par l'IA.