Guide pratique
Avant d'entrer dans le bureau, il faut un chiffre. Les repères pour le fixer, sa traduction en net sur ta fiche de paie, et ce qu'il coûte vraiment à ton employeur, calculés par le site.
Le guide demander une augmentation explique quand et comment mener la conversation. Celui-ci s'occupe du chiffre : d'où il vient, comment le traduire en brut annuel pour ton employeur et en net mensuel pour toi, et ce qu'il lui coûte réellement. Les montants sont calculés par le moteur du site, pour un salarié non cadre en CDI à temps plein.
Raisonne en brut annuel : c'est l'unité des budgets et des grilles. Prenons 3 000 € brut par mois, soit 36 000 € par an, et une demande de 5 % :
| Montant | Par mois | Par an |
|---|---|---|
| Nouveau brut | 3 150 € | 37 800 € |
| Gain brut | + 150 € | + 1 800 € |
| Gain net avant impôt | + 119 € | + 1 425 € |
| Gain après un prélèvement de 7 % | + 110 € | + 1 325 € |
| Surcoût pour l'employeur | + 244 € | + 2 925 € |
Dans l'autre sens, si tu sais ce que tu veux voir arriver sur ton compte : sur 3 000 € brut, 100 € net de plus par mois demandent 126 € brut de plus (4,2 %), et 200 € net de plus par mois demandent 253 € brut de plus (8,4 %). Le simulateur d'augmentation fait ce calcul pour ton salaire, en pourcentage ou en euros.
Ton responsable ne raisonne ni en brut ni en net, mais en coût. Pour une même augmentation de 3 %, le surcoût pour l'employeur par euro net gagné n'est pas le même à tous les niveaux de salaire. Il est le plus élevé près du SMIC : la réduction générale des cotisations patronales diminue quand le salaire monte, et chaque euro net y coûte plus cher. La série n'est pas régulière pour autant : à 4 000 € brut, l'augmentation fait passer le salaire au-dessus du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 €), où la retraite complémentaire prend le taux plus élevé de la tranche 2 et où s'ajoute la contribution d'équilibre technique : l'euro net y coûte un peu plus qu'à la ligne précédente.
| Brut mensuel actuel | Gain brut par mois | Gain net par mois | Surcoût employeur par mois | Coût pour un euro net |
|---|---|---|---|---|
| 1 900 € | 57 € | 45 € | 112 € | 2,48 € |
| 2 500 € | 75 € | 59 € | 130 € | 2,20 € |
| 3 000 € | 90 € | 71 € | 147 € | 2,06 € |
| 4 000 € | 120 € | 91 € | 190 € | 2,10 € |
| 5 000 € | 150 € | 120 € | 216 € | 1,79 € |
Calcul : moteur publicodes de modele-social, CDI non cadre à temps plein, petite entreprise et mutuelle standard du site ; réduction générale recalculée après augmentation.
À utiliser pour comprendre, pas pour te censurer : ton employeur fait ce calcul de son côté, et une demande bien justifiée par le marché reste souvent moins chère qu'un départ suivi d'un recrutement. L'outil coût employeur détaille les cotisations patronales sur n'importe quel brut, et le guide du coût d'un salarié explique la réduction générale.
Dans beaucoup d'entreprises, deux enveloppes coexistent. L'augmentation générale s'applique à tous, souvent en pourcentage, parfois avec un minimum en euros pour les bas salaires ; elle compense surtout la hausse des prix. L'augmentation individuelle récompense un poste, des résultats ou un écart avec le marché. Demande d'abord quelle augmentation générale a été décidée cette année : ta demande individuelle se chiffre en plus, et non à sa place. Si l'entreprise n'a qu'une enveloppe, présente ton chiffre en deux parties, le rattrapage des prix d'un côté, l'évolution de ton poste et de ta valeur de l'autre : c'est plus facile à défendre pour ton responsable.
Une augmentation de salaire de base se retrouve chaque mois, chaque année, et sert de base aux augmentations suivantes et à ton prochain employeur. Sur 3 ans, les 1 080 € brut annuels d'une augmentation de 3 % sur 3 000 € représentent 3 240 € ; une prime du même montant, une seule fois. Une prime exceptionnelle peut compléter un refus d'augmentation, rarement le remplacer. Une promotion, elle, se négocie avec la grille du nouveau poste : demande à quel niveau de salaire elle correspond avant de l'accepter.
Annonce un montant en brut annuel, précis, justifié, et une seule fois. Quelques formulations à adapter :
Si tu prépares plutôt un changement d'employeur, la même logique vaut à l'embauche : le guide négocier son salaire à l'embauche fixe trois chiffres au lieu d'un.
Aucun pourcentage n'est juste en soi : il se déduit de l'écart entre ton salaire et ta valeur sur le marché, de ce qui a changé dans ton poste et de la hausse des prix depuis ta dernière revalorisation. Une fois l'écart connu, exprime-le en brut annuel. Par exemple, 5 % sur 36 000 €, c'est 1 800 € brut de plus par an, et 119 € net de plus par mois.
Compte nettement plus en brut que le net visé : les cotisations salariales s'appliquent aussi à l'augmentation. Sur 3 000 € brut par mois, gagner 100 € net de plus demande 126 € brut de plus par mois, soit 4,2 % d'augmentation. Le calcul exact pour ton salaire se fait dans le simulateur d'augmentation.
Parce que c'est vrai, surtout quand le salaire est bas. Pour 3 % sur 3 000 € brut, ton net gagne 71 € par mois et le coût employeur 147 €. Sur 1 900 € brut, le même pourcentage donne 45 € net pour 112 € de coût : la réduction de cotisations patronales sur les bas salaires diminue quand le salaire monte. Connaître ce chiffre t'aide à comprendre ses objections, pas à baisser ta demande.
Seulement en connaissance de cause. Une prime se touche une fois ; une augmentation se touche chaque année et sert de base aux suivantes. Sur 3 ans, une augmentation de 1 080 € brut par an rapporte 3 240 € brut, contre 1 080 € pour une prime unique du même montant. Une prime peut compléter, rarement remplacer.
Ce guide donne une méthode, pas un conseil juridique : les règles et les montants officiels sont ceux des sources ci-dessus, à leur date.
Les outils et les fonctions du site qui vont avec ce guide : les chiffres y sont calculés par le code, jamais par l'IA.