Guide pratique
Le brut n'est qu'une partie de la facture : l'employeur ajoute ses propres cotisations, retire la réduction générale sur les bas salaires, et paie d'autres frais qu'aucune fiche de paie ne montre. Le calcul complet, avec des exemples chiffrés par le site.
Quand une entreprise recrute, elle ne raisonne ni en net ni même en brut : elle raisonne en coût total. Entre le salaire brut écrit au contrat et ce que l'embauche coûte vraiment, il y a les cotisations patronales, une réduction qui allège fortement les bas salaires, et une série de frais qui n'apparaissent sur aucune fiche de paie. Ce guide reconstitue ce coût sur des exemples calculés par le moteur du site, que tu sois employeur, responsable RH ou candidat qui veut comprendre la marge de l'autre côté de la table.
Salarié non cadre en CDI à temps plein, 3 000 € brut par mois, entreprise de moins de 5 salariés, mutuelle d'entreprise standard, hors Alsace-Moselle. Les cotisations patronales sont regroupées par famille ; le détail ligne à ligne, part salarié en regard, se trouve dans le guide sur les cotisations salariales.
| Poste | Par mois | Ce que ça couvre |
|---|---|---|
| Salaire brut | 3 000 € | Ce que le contrat prévoit, avant les cotisations du salarié |
| + Santé | 410 € | Assurance maladie (payée par l'employeur seul) et sa part de la mutuelle |
| + Retraite | 500 € | Vieillesse plafonnée et déplafonnée, retraite complémentaire Agirc-Arrco, CEG |
| + Chômage | 128 € | Assurance chômage et garantie des salaires (AGS) |
| + Famille | 158 € | Allocations familiales |
| + Accidents du travail | 62 € | Taux propre à chaque entreprise selon ses risques |
| + Autres | 49 € | Aide au logement (FNAL), autonomie, formation, taxe d'apprentissage, dialogue social |
| − Réduction générale | 300 € | Allègement des cotisations patronales, d'autant plus fort que le salaire est bas |
| Coût total employeur | 4 007 € | Soit 48 086 € par an, et 33,6 % de plus que le brut |
Montants mensuels lus dans le moteur publicodes de modele-social (barèmes de 2026), à l'euro près. Le salarié, lui, touche 2 353 € net avant impôt : chaque euro net coûte 1,70 € à l'employeur.
La retraite pèse le plus : l'employeur cotise au régime de base et à l'Agirc-Arrco, comme le salarié mais à des taux plus élevés. Vient ensuite la santé : l'assurance maladie n'a plus de part salariale hors Alsace-Moselle, l'employeur la paie seul, et il finance au moins 50 % de la mutuelle (voir le guide sur la mutuelle d'entreprise). L'assurance chômage, les allocations familiales et les accidents du travail n'existent que côté employeur : ils ne figurent pas dans le calcul du net, mais ils protègent le salarié. Le taux accidents du travail varie d'une entreprise à l'autre selon son activité et sa sinistralité ; le moteur applique un taux par défaut.
Depuis janvier 2026, l'allègement des cotisations patronales s'appelle la réduction générale dégressive unique. Elle est maximale au niveau du SMIC, diminue à mesure que le salaire monte et s'arrête à 3 SMIC. Pour toute l'année 2026, le SMIC retenu pour ce calcul reste celui de janvier (1 823,03 € brut par mois), ce qui place le seuil de sortie vers 5 469 € brut mensuel pour un temps plein. Résultat : le coût total ne suit pas le brut ligne à ligne, comme le montre le tableau.
| Brut mensuel | Réduction générale | Coût total | Au-dessus du brut | Coût d'un euro net |
|---|---|---|---|---|
| 1 867 € (SMIC) | 700 € | 1 988 € | 6,5 % | 1,37 € |
| 2 200 € | 539 € | 2 625 € | 19,3 % | 1,53 € |
| 3 000 € | 300 € | 4 007 € | 33,6 % | 1,70 € |
| 4 000 € | 158 € | 5 578 € | 39,4 % | 1,77 € |
| 5 000 € | 109 € | 7 065 € | 41,3 % | 1,79 € |
Le tableau applique cette règle : la réduction y est calculée avec le SMIC de janvier, pour un même salaire chaque mois de l'année. Un salaire au SMIC actuel n'obtient donc plus tout à fait la réduction maximale.
Quelques contributions dépendent de l'effectif : l'aide au logement, la formation professionnelle, le forfait social sur la part patronale de la mutuelle, parfois le versement mobilité selon la commune, et la réduction générale elle-même, un peu plus forte au-delà d'un certain effectif. Pour le même brut de 3 000 €, le moteur calcule 4 007 € par mois dans une entreprise de moins de 5 salariés et 4 057 € dans une entreprise de 250 salariés et plus. L'écart est réel, mais il reste petit à côté du brut lui-même.
Le coût employeur calculé s'arrête à la paie. Une embauche coûte aussi, selon les entreprises :
Un employeur part souvent d'un budget. Avec 4 000 € par mois tout compris, le moteur trouve un brut de 2 996 €, soit 2 349 € net pour le salarié. L'outil coût employeur fait ce calcul dans les deux sens, avec l'effectif, le statut cadre et la mutuelle de ton choix.
Côté candidat, ce calcul explique deux choses. D'abord, une demande de quelques centaines d'euros brut par mois représente davantage pour l'entreprise, qui raisonne en coût annuel : parle en brut annuel, comme le recommande le guide négocier son salaire à l'embauche. Ensuite, à coût égal, tout ne se vaut pas : un titre-restaurant ou une mutuelle mieux prise en charge peuvent coûter moins cher à l'employeur qu'une hausse de brut pour un gain proche, d'où l'intérêt de comparer les offres au net avec le comparateur de deux offres. Et pour savoir quel brut viser, l'analyse de CV estime ce que tu vaux sur le marché.
Pour un temps plein au SMIC, soit 1 867,02 € brut par mois, le moteur du site calcule un coût total de 1 988 € par mois pour une petite entreprise : la réduction générale (700 €) efface l'essentiel des cotisations patronales à ce niveau. C'est au SMIC que l'écart entre le brut et le coût total est le plus faible.
Pas tout à fait. Pour 3 000 € brut par mois, chaque euro de net versé coûte 1,70 € à l'employeur selon le moteur du site, et moins encore près du SMIC. L'écart grandit avec le salaire, parce que la réduction générale diminue puis disparaît, mais il reste loin du double sur un salaire courant. Sous 3 SMIC, un euro net ajouté par une augmentation coûte davantage : voir la question suivante.
Oui. Une hausse de 3 % sur 3 000 € brut rapporte 71 € net par mois et coûte 147 € de plus à l'employeur, d'après le moteur du site : 2,06 € pour chaque euro net gagné. Près des bas salaires, l'écart est encore plus marqué : chaque euro de brut en plus réduit aussi la réduction générale.
La part patronale de la mutuelle, oui : le calcul du site l'inclut avec un contrat standard. Les titres-restaurant, non : leur part employeur s'ajoute au coût, mais elle n'est pas comptée dans l'outil. Le transport, la formation au-delà des contributions obligatoires, le matériel ou le recrutement ne le sont pas non plus.
Ce guide donne une méthode, pas un conseil juridique : les règles et les montants officiels sont ceux des sources ci-dessus, à leur date.
Les outils et les fonctions du site qui vont avec ce guide : les chiffres y sont calculés par le code, jamais par l'IA.